1re partie : Texte du podcast 5 : Un parlement mondial ... mais pour faire quoi ?

Dernière mise à jour : 28 mars

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Avant d’aller plus loin dans l'argumentaire construit en faveur du projet Planet Republyk et de se lancer, dès le prochain épisode, dans l'historique du mouvement planétariste, énumérons, dans cet épisode, quelques-uns de ces enjeux, concernant tout un et chacun des quelques presque huit milliards d’êtres humains qu’abrite cette planète et qu’une gouvernance mondiale pourrait/devrait mieux régenter, que les nations individuellement, si elle était légitime, autonome et souveraine sur ces enjeux.


Lançons nous donc :


– ­Assurer la paix et la sécurité globale à commencer par l’élimination des armes nucléaires, chimiques et biologiques. Arbitrer et clore définitivement les disputes frontalières entre nations.


– Veiller à la prévention des risques naturels pannationaux dus aux désordres climatiques dont la montée des océans est un bon exemple. Fournir une assistance rapide, professionnelle et efficace en cas de calamités de grande envergure tels inondations, mégafeux, sécheresses, canicules, famines, épidémies, chutes de météorites, séismes, éruptions volcaniques, ouragans, cyclones, typhons, tsunamis ou de catastrophes d’origine humaine. (ex. : golfe du Mexique, Fukushima au Japon, etc.)


– Préserver le vivant et ses écosystèmes dont les forêts anciennes, les récifs coralliens ainsi que les espèces menacées par la sixième extinction de masse.*

* Les effectifs mondiaux d’espèces animales sauvages ont décliné de 68 % entre 1970 et 2016[i]. De par l’activité humaine, plus d’un million d’espèces risquent de s’éteindre d’ici le prochain siècle dont 40% des espèces d’insectes, catastrophe parmi les catastrophes, du fait de leur rôle primordial dans la chaîne alimentaire terrestre[ii].

L’écocide atteint 84 % pour les espèces d’eau douce (poissons, oiseaux, amphibiens, mammifères[iii].) Les plantes, quant à elles, déclinent à un rythme deux fois plus rapide.

Depuis 1900, trois espèces de plantes disparaissent chaque année. C’est deux fois plus que chez les animaux et c'est 500 fois plus rapide que ce que l’on observerait si la nature en était l’unique responsable[iv].


Que notre seule espèce ait été imputable de l’extinction de millions d’espèces vivantes est probablement le plus grand crime qu’auront à nous reprocher les prochaines générations. Ils pourront à bon droit nous qualifier de barbares. Du seul point de vue de la science, de la médecine et de la recherche pharmaceutique; c’est tout simplement une catastrophe. Il y a tout lieu de croire que la clé de la cure de nombreuses maladies actuelles et à venir se trouve chez une espèce dont nous ne connaissions pas l’existence bien que nous ayons déjà causé sa disparition.


– Assumer la protection du patrimoine humain et naturel universel par la lutte à l’appropriation grandissante par le privé de sites et ressources, dont l’eau, devant pourtant demeurer publics et accessibles à l’ensemble de l’humanité. Répertorier et protéger les artéfacts et lieux du patrimoine commun, en créant des musées et en rendant accessibles ces collections et sites. Légiférer sur le tourisme de masse constituant une menace à notre patrimoine universel.


– Garantir la préservation des réserves mondiales d'eau potable et des bons sols; la gestion durable des ressources énergétiques et produits rares afin qu’ils bénéficient aussi aux générations futures. Mettre en œuvre des procédés pour réduire le gaspillage de ces produits ainsi qu’en assurer une distribution plus équitable.


– Assurer la sauvegarde de la biodiversité génétique.* Restructurer le modèle agricole mondialisé de façon à ce que ce soit la proximité des sites de consommation qui détermine les lieux de productions agricoles et non les marchés financiers.


* À l’échelle mondiale, 90 % de la variété des légumes et 85 % de celle des fruits aurait disparu depuis 1950 selon les constats de la chercheure Lenore Newman, professeure en sécurité alimentaire et sciences de l’environnement à l’Université de Fraser Valley au Canada[v].


– Légiférer sur la chasse aux mammifères marins; sur la gestion des réserves internationales de pêches; sur le nettoyage des mers, dont les trois continents de déchets plastiques; sur la lutte à l’acidification des océans et aux zones marines hypoxiques.


– Assurer les droits de la personne dans des zones de non-droit; l’accès pour tous à l’eau potable, une alimentation suffisante, un toit, une éducation et des soins de santé de qualité; l’abolition du servage voire de l'esclavage toujours existant, du trafic humain, de l’asservissement sexuel et militaire. À fortiori dans le cas d’enfants.


– Défendre les droits des femmes par, entre autres, la suppression de la sélection à la naissance, des mariages forcés, de la pratique de l’excision et autres mutilations culturelles, des violences et meurtres résultant des codes d’honneur, etc. Garantir la protection des minorités (religieuses, ethniques et linguistiques) dont celle des peuples autochtones. Intervenir systématiquement et rapidement lorsqu’une action génocidaire est suspectée.


– Prévenir et gérer diligemment les épidémies (Ebola, choléra, tuberculose, SRAS, etc.); les désastres humanitaires; les mouvements migratoires de masse (ex. : guerre de Syrie, Yémen, Libye, Soudan, etc.).


– Déterminer l’explication de la constante croissance à l’échelle mondiale des cas : de cancer, d’obésité et de ses corollaires : diabète et maladies cardiaques; d’asthme et autres maladies respiratoires; d’allergies et maladies auto-immunes; de malformations congénitales; de la chute drastique de la qualité du sperme; de suicide, de dépression, d’épuisement professionnel et autres maladies mentales; d’enfants devant prendre de la médication pour le TDAH, l’anxiété, la dépression.*


* Le psychiatre espagnol, Luis Rojas Marcos, reconnu au plan international comme l’un des spécialistes de la résilience chez l’enfant, s’inquiétait, dans un texte[vi] qui a fait le tour du globe, des résultats de nombreuses études démontrant qu’un enfant sur 5, de 10 à 14 ans, aurait aujourd’hui des problèmes de santé mentale. Son équipe de recherche a pu observer, chez cette même tranche d’âge, une augmentation de 43 % du TDAH, de 37 % de la dépression adolescente et de 200 % du taux de suicide au cours des dernières décennies.


L’OMS révélait qu’en 2020, la dépression était devenue la première cause[vii] d’incapacité dans le monde dépassant pour la première fois les maladies cardio-vasculaires.


Chez les adultes au Canada, les problèmes de santé mentale seraient devenus la première cause d’absentéisme au travail[viii] et de décrochage scolaire[ix]. Au cours d’une année donnée, une personne sur cinq au Canada éprouvera un problème de santé mentale et une personne sur deux y vivra une maladie ou un problème associé à la santé mentale avant d’atteindre 40 ans.


Ces fléaux sanitaires et sociaux, en croissance partout sur la planète, relève de problèmes structuraux de nos sociétés que l’on doit cesser de renvoyer à des responsabilités individuelles et subséquemment à des traitements médicaux. Les sources de ces problématiques doivent être adressées à un niveau global.


– Organiser la poursuite de l’exploration spatiale ainsi que le nettoyage des débris en orbite autour de la terre; empêcher l’appropriation de l’espace, que ce soit par le privé ou par des États.


– Affermir la lutte : à l’obsolescence programmée; à la surconsommation; au gaspillage alimentaire. Instaurer des politiques de décroissance et de réduction de la consommation. Accélérer la fossilisation de l’économie du carbone (pétrole, charbon, gaz). Réguler le transport international, maritime et aérien. Poursuivre la normalisation universelle des poids, mesures, calendriers, systèmes comptables et méthodes de classement des informations.


– Veiller à la recherche et à la réglementation sur toutes substances nocives pour l’être humain et la biosphère, dont l’utilisation dans la production alimentaire, cosmétique et de consommation des OGM, perturbateurs endocriniens, nanotechnologies, pesticides et produits chimiques. Interdire, à l’échelle mondiale, l’utilisation des polluants les plus nocifs pour le vivant.


– Légiférer sur la surutilisation des antibiotiques particulièrement en agriculture. Limiter la mainmise des pharmaceutiques dans ce domaine vital tout en investissant dans la recherche publique pour de nouveaux antibiotiques dont l’inefficacité croissante est une menace à la santé publique mondiale.*


* Selon un rapport[x] d’un Comité d’experts sur les incidences socio-économiques potentielles de la résistance aux antimicrobiens au Canada, 26 % des infections bactériennes résistaient déjà aux traitements en 2018 et jusqu’à 40 % des bactéries deviendraient résistantes d'ici 2050.

À l’échelle de la planète, ce sont des centaines de millions de vies qui sont à risque. La république universelle à créer devrait donc s’assurer de financer la recherche pour de nouveaux médicaments, antibiotiques et vaccins tout en assurant la gestion des stocks et l’universalité d’accès.


– Défendre l’indépendance d’Internet, les libertés de presse et individuelles ainsi que le respect de la vie privée qui se sont fait grignoter[xi], encore un peu plus et peut-être bien durablement, lors de la pandémie de la COVID 19, par des entreprises et des États grâce, en outre, au traçage exacerbé des déplacements des citoyens via leur téléphone portable et les réseaux de caméras de surveillance.


– Créer un réseau mondial public d’information multi-plate-formes doté de moyens conséquents et financer à 100% par le parlement mondial.


– Financer la recherche scientifique indépendante et plus particulièrement pour les domaines orphelins dont les près de 8000 maladies rares. Investiguer et documenter, dans une multitude de domaines, les meilleures pratiques du globe, dont celles en économie, urbanisme, éducation, santé, architecture, transport, politique, agriculture, culture et énergie, afin d’en faire la promotion. Soutenir des projets pilotes de modèles alternatifs novateurs dans tous ces domaines.


– Légiférer sur les nouvelles technologies, car pour l’instant, c’est la grande entreprise, par des sommes prodigieuses consacrées à la pub, à la recherche intéressée, au lobbying et au marketing, qui impose le rythme de changement de nos modes de vie sans se soucier de sa nocivité potentielle.*


* À cet égard, l’implantation, sous peu, sur toute la surface du globe, sans aucune possibilité d’échappatoire, de la technologie 5G, malgré ses effets possiblement néfastes sur la santé des humains et des animaux, est assez parlante. Dans un même ordre d’idées : voir à une législation internationale sur l’intelligence artificielle, la robotisation de la main d’œuvre, des services d’ordre et des armées; la connectivité des objets du quotidien, l’eugénisme, le clonage, la cybernétisation de parties de l’être humain et/ou la manipulation génétique.


– Voir à la régulation : de la finance, des marchés internationaux, du marché des assurances, de la surspéculation incluant celle sur les monnaies par, entre autres mesures, l’instauration d’une devise universelle. Diriger la lutte aux paradis fiscaux; aux économies criminelles internationales, dont celles des cartels de drogue, gangs de rue et groupes mafieux.


– Veiller à la réduction des inégalités socio-économiques; à l’élimination de l’extrême-misère; à la limitation des revenus.*


* Il y a de fortes chances qu’avant que la première minute de l’an 2019 se soit écoulée, Jeff Bezos, fondateur et PDG d’Amazon, ait déjà engrangé votre revenu[xii] pour l’année qui suivait. L’ONG Oxfam international prêchant dans le désert sur ce sujet depuis des années, appelait encore une fois en 2019, les gouvernements du monde à une meilleure répartition de la richesse face au triste constat[xiii] que les 2 153 milliardaires que comptent le monde se partagent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60 % de la population de la planète et que, s’il peut exister illustration encore plus obscène, les vingt-six êtres humains les plus riches de la planète détiennent autant d’argent[xiv] que la moitié de l’humanité.


Pour ajouter l’insulte à l’injure, cette odieuse disparité s’applique tout autant à l’empreinte écologique. En septembre 2020, le Stockholm Environment Institute (SEI) et Oxfam

international publiait un rapport[xv] conjoint stipulant, qu’entre 1990 et 2015, le 1 % (78 millions de personnes) les plus riches de la population mondiale avaient été responsables de plus du double des émissions de C02 que la moitié la plus pauvre de l’humanité (3,9 milliards de personnes).


Et ces inégalités loin de se résorber par le principe du ruissellement de la richesse, comme le promettaient les chantres du néolibéralisme économique, s’accentuent chaque année. En 2018, la fortune de tous les milliardaires de la planète s’est accrue de 12 % alors que les 3,9 milliards de personnes qui composent la moitié la plus pauvre de l'humanité ont vu leur richesse diminuer[xvi] de 11 %.


Cette liste ne se prétend évidemment ni un axiome, ni exhaustive…


Comme vous pouvez le constater, maints enjeux et menaces dépassent largement les compétences des États. Ils ne peuvent s’y attaquer seuls. Toutefois, une gouvernance mondiale légitime, et souveraine sur ces enjeux, pourrait les régenter.


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Voilà, c'est tout pour l'épisode 5.


Merci de votre attention pour cet épisode plutôt dense.


Merci à Magali Rolland d'avoir prêté sa voix aux citations.


Le thème musical du podcast est la pièce ‘’Who would have tought’’ de l’artiste Crowander. Elle est une courtoisie libre de droit disponible ici sur Free Music Archive.


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Merci de votre écoute et au plaisir de vous retrouver pour l'épisode 6 !


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[i] Fonds Mondial pour la Nature (WWF), Société Zoologique de Londres, « Rapport planète vivante 2020, Infléchir la courbe de la perte de biodiversité », Almond, R.E.A., Grooten M. and Petersen, T. (Eds). WWF, Gland, Suisse. [ii]Francisco Sánchez-Bayo, Kris A.G. Wyckhuys, « Worldwide decline of the entomofauna: A review of its drivers Biological Conservation », Biological Conservation,Chapter 4. Discussion, Fig. 2. Annual rate of decline of the three major taxa studied and of insect biomass, Elsevier, April 2019. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636#s0115 [iii] Ibid., Fonds Mondial pour la Nature (WWF), Société Zoologique de Londres, « Rapport planète vivante 2020, Infléchir la courbe de la perte de biodiversité ». [iv] Humphreys, A.M., Govaerts, R., Ficinski, S.Z. et al. « Global dataset shows geography and life form predict modern plant extinction and rediscovery », Nature, Nature Ecology and Evolution, vol 3, 1043–1047, 2019. [v] Lenore Newman, Lost Feast: Culinary Extinction and the Future of Food, Toronto, ECW Press, 2019, p.15 [vi] Luis Rojas Marcos, « una tragedia silenciosa », pequelandialeon.com, 4 septembre 2019. https://www.pequelandialeon.com/una-tragedia-silenciosa-articulo-escrito-por-el-dr-luis-rojas-marcos-psiquiatra/ [vii] Organisation mondiale de la Santé, « Dépression », OMS, News room, Factsheet, Centre des médias, 30 janvier 2020.https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/depression [viii] Canada, Rapport de la commission de la santé mentale du Canada, « Comprendre la santé mentale, la maladie mentale et leur incidence en milieu de travail », 2017. https://www.mentalhealthcommission.ca/sites/default/files/2018-07/Monreau_White_Paper_Report_fr.pdf

[ix] Canada, Rapport de la Fondation des maladies mentales (Canada) « Dépression et maladies mentales: un des premiers facteurs de risque du décrochage scolaire!», 4 mai 2010. https://www.newswire.ca/fr/news-releases/depression-et-maladies-mentales-un-des-premiers-facteurs-de-risque-dudecrochage-scolaire-539765102.html [x] Canada, Comité d’experts sur les incidences socioéconomiques potentielles de la résistance aux antimicrobiens au Canada, « Quand les antibiotiques échouent », Conseil des académies canadiennes, Ottawa, 2019. https://rapports-cac.ca/wp-content/uploads/2018/10/Quand-les-antibiotiques-%C3%A9chouent-4.pdf

[xi] Marine Benoit, « La vie privée en ligne, l'autre victime du coronavirus », Sciences et Avenir, 25 mars 2020. https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/reseaux-et-telecoms/la-vie-privee-en-ligne-l-autre-victime-du-covid-19_142749

[xii] Jean-François Nadeau, « En 12 secondes », Le Devoir, 12 mars 2018. [xiii] Communiqué de presse, « Les milliardaires du monde se partagent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes », Oxfam International, 19 janvier 2020. https://oxfam.qc.ca/inegalites-partage-richesse/ [xiv] Audrey Chabal, « Qui sont les 26 milliardaires pesant autant que 3,8 milliards de personnes? », Forbes, 21 janvier 2019. https://www.forbes.fr/finance/qui-sont-les-26-milliardaires-pesant-autant-que-38-milliards-de-personnes/?cn-reloaded=1

[xv] Sivan Kartha, Eric Kemp-Benedict, Emily Ghosh, Anisha Nazareth and Tim Gore, « The carbon inequality era, an assessment of the global distribution of consumption emissions among individuals from 1990 to 2015 and beyond », Stockholm Environment Institute (SEI) and Oxfam international Joint Research Report, September 2020.

https://oxfam.app.box.com/s/q36ywh37ppur8gl276zwe8goqr6utkej/file/720283965204

[xvi] Communiqué de presse, « L’année dernière, la fortune des milliardaires a augmenté tous les jours de 2,5 milliards de $ alors que la richesse de la moitié la plus pauvre de l’humanité n’a fait que diminuer », OXFAM international, 21 janvier 2019. https://www.oxfam.org/fr/salle-de-presse/communiques/2019-01-18/lannee-derniere-la-fortune-des-milliardaires-augmente-tous


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