1re partie : Texte du podcast 2 : Les sources des problèmes

Dernière mise à jour : 28 mars

Toute vérité franchit trois étapes. D’abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant toujours été une évidence.  

Arthur Schopenhauer


Comment cocher ‘’Sauver le Monde’’ sur sa ‘’bucket list’’???


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Épisode 2 : Les sources des problèmes


Je vous recommande fortement d'écouter le Podcast 0 avant d'écouter celui-ci, si ce n'est déjà fait, afin de savoir exactement à quoi vous avez affaire.



Je suis un insatiable de l’actualité internationale et ce depuis des décennies. J’ai eu, au cours des dernières années, la possibilité de me consacrer à la recherche et à la réflexion sur les problématiques apparemment insolubles auxquelles l'humanité contemporaine est confrontée; sur les raisons de l’incapacité de nos institutions politiques à y répondre.


J’ai tenté de prendre du recul face à l’immédiateté; à la superficialité de l’information; face au trouble d’attention de nos médias, toujours en quête de la nouvelle source d’adrénaline. J’ai essayé de prendre de l’altitude jusqu’à, peut-être, penser apercevoir la terre dans sa globalité.


Souhaitant dépasser le constat et sa résultante, le désespoir et le cynisme ambiant, j'ai fini par accoucher d'une proposition, une proposition qui s’apparente à un rêve, une espérance, une nouvelle foi en quelque sorte.


C’est que j’estime, et ce, en réaction à l’endoctrinement néolibéral des dernières décennies, que nous avons besoin à nouveau de croire collectivement à quelque chose. J’ai personnellement ce besoin et d’après ce que je vois, j’entends et je lis un peu partout, je ne crois pas être le seul.

Et je ne parle pas ici d’une des croyances sectaires en vogue qui ne s’adresserait qu’à un groupe spécifique, qu’à une nation, qu’à des coreligionnaires ou qu’à une ethnie en particulier, mais bien plutôt d’une espérance qui s’adresserait à l’ensemble du genre humain.


Nous sommes depuis trop longtemps dans l’atomisation de la société, les altérités, le communautarisme et le sectarisme. Nous semblons à court d’utopies collectives rassembleuses. La montée des individualismes les a fortement découragées. Discréditées.


Certains, comme l’intellectuel Fukuyama, avancent même l'idée de la ''fin de l’histoire'', que l’humanité, ses institutions, seraient désormais figées telles qu’elles sont jusqu’à la fin des temps. C’est probablement d’ailleurs aussi une des plus grandes réussites de la propagande médiatique néolibérale que d’avoir réussi à nous convaincre que les systèmes économiques et politiques actuels sont désormais immuables.


Je ne crois pas que ce soit la fin de l’histoire. Je crois même que nous nous apprêtons à vivre collectivement une de ces périodes charnières où le flot tranquille de l’histoire s’accélère brusquement.


Seulement, pour que l’histoire se remette en marche, que l’on recommence à avancer collectivement, il faut que de plus en plus d’entre nous décident de sortir de l’individualisme, du sectarisme, du chauvinisme, du nationalisme et affirment haut et fort qu’avant d’être Laotienne, Mexicain ou Européen; ils se considèrent des habitants de la terre. Or, plus que jamais, partout sur la planète, les bruyantes affirmations identitaires occupent le haut du pavé.


En réponse à celles-ci, la proposition de Planet Republyk. Vous trouverez difficilement une proposition politique plus égalitariste, anti-raciste, anti-colonialiste, anti-sectaire.

Bref, vous trouverez difficilement une proposition politique plus rassembleuse.

Permettez-nous donc cette proposition de croire collectivement, en tant que citoyen de la terre, à une utopie : l’instauration d’un parlement mondial juste et équitable pour aborder plus efficacement les problématiques de niveau planétaire.

Ce parlement, élu au suffrage universel, où chaque citoyen de la planète équivaudrait à un vote, pourrait s’attaquer aux nombreux défis communs de l’humanité devant l’échec des nations et de ses institutions internationales à y faire face.


Cette idée en soi n’est pas originale. Elle a été énoncée par des dizaines d’humanistes au fil des siècles. L’originalité de Planet Republyk tient au fait de proposer l’avènement concret du citoyen cosmopolite via une méthode inédite, d'après mes recherches, qui évite le piège des nationalismes chauvins, source d’inertie, par une représentation supranationale selon les latitudes.


Planet Republyk offre une possibilité d’ancrage pour la portion de l'humanité qui se considère déjà cosmopolite. C’est une réponse à l’abattement général ambiant pour la tranche la plus instruite, politisée, informée et consciente de la société.

Elle s’adresse pour l’instant à une tranche fine de la population mondiale, mais ces personnes sont, chacune dans leur milieu, des lanternes.

Il est précoce ce projet, même présomptueux pour 2020, mais inévitablement nous en arriverons à cela un jour. J’expliquerai plus loin pourquoi la science le croit et pourquoi de plus en plus de réfractaires d’aujourd’hui finiront par y adhérer demain.

Je vais vous exposer des faits. Beaucoup de faits. Mais pas que cela. C’est que la seule argumentation serait vaine parce que ce projet ne s’adresse pas qu’à l’intellect. Il s’adresse aussi à la conscience voire même à la spiritualité.

Certains me liront et ce sera instinctif : ‘’oui cela fait du sens, on est rendu là. L’humanité est rendue là. On a besoin de ça.’’ Il y en a d’autres qui, quelle que soit la qualité des arguments que j’apporterai, trouveront des contre-arguments intérieurs pour s’en détourner. Et c’est bien correct. C’est parfois simplement une question de valeurs. Leurs enfants ou petits-enfants y seront peut-être plus réceptifs. Ce projet s’inscrit dans la durée.

Mais à la faveur, ou plutôt à la grande défaveur de catastrophes de niveau planétaire telle la récente pandémie de COVID-19, j’estime que nous serons de plus en plus nombreux à porter ce genre de projets; parce que beaucoup d’entre nous considérerons, avec la foi du désespéré, qu’ils sont possiblement l’unique espoir de l’humanité et de la planète.


Planet Republyk porte donc le projet d’une république du genre humain où, selon l’idéal démocratique universaliste, chaque citoyen de la planète équivaudrait à une voix; d’un parlement mondial à représentation supranationale directe selon les latitudes en dehors des schèmes dysfonctionnels actuels de luttes de pouvoir entre nations.


Un gouvernement pour l’humanité et la planète pour aborder les problèmes qui nous concernent tous, et uniquement ceux-ci, mais que les nations, en lutte perpétuelle les unes contre les autres afin de protéger leurs acquis, n’arrivent pas à régler.


Mais avant de vous présenter cette voie révolutionnaire pour en arriver à cette utopie, permettez que je m’attarde en détails sur les facteurs historiques, sociaux, écologiques, et moraux qui nous mènent à vous la proposer.



L’utopie ne signifie pas l’irréalisable, mais l’irréalisé. L’utopie d’hier peut devenir la réalité de demain.

Théodore Monod



On l’a dit : la gouvernance de notre monde est déficiente. Tout un pan de l’humanité le constate, le concède. Or, une réflexion sur la pertinence de l’instauration d’une république planétaire, d’une cosmocratie, continue de rebuter. Elle semble pour plusieurs inutile, ardue, abstraite; du pelletage de nuage. En d’autres mots : c’est trop gros.


Pourtant, la majorité des grandes avancées civilisationnelles qui ont permis à l’humanité de progresser ont d’abord été qualifiées d’utopiques. Ce fut le cas pour certaines innovations technologiques tels l’électricité, la radio, le téléphone, l’aviation ou Internet, mais ce fut encore plus vrai pour la majorité des grandes avancées sociales comme les gains à parfaire en lien avec la démocratie, les droits des femmes et des enfants ou l’abolition de l’esclavage.


Tout cela était aussi ‘’trop gros’’ avant de pourtant devenir réalité.


Et paradoxalement, si on définit l’utopie comme un manque de réalisme et de rationalité, un nombre croissant de citoyens estime désormais que l’utopie est passée du côté de ceux qui persistent à défendre un paradigme incapable de stopper notre marche civilisationnelle vers le chaos.

La politique, si elle a fait d’épisodiques grands bonds par le passé, stagne aujourd’hui. Depuis trop longtemps. Cette stagnation est désormais inacceptable parce que menace à la survie même de l’humanité et à celle d’innombrables autres espèces vivantes.

L’humanité n’arrive plus à trouver et appliquer des solutions efficaces à ses défis, problèmes et menaces, car les États faillissent à la tâche. En fait, ils sont impuissants devant tous ces enjeux, même à l’aide des institutions internationales dont ils se sont dotés.

Pourquoi?

— Déliquescence du sens premier de la politique, qui est de servir le bien commun, dont la partisanerie crasse est principale source

— Insouciance et incurie des gouvernements découlant partiellement de la technocratisation du politicien

— Futilisation de la politique, provoquée par l’accélération du rythme de celle-ci, mais aussi de l’information et de la vie en général

— Vision à très court terme de nos dirigeants, étriquée à la réélection au prochain mandat


... mais au-delà de ces vices généraux de la politique contemporaine; au sein des institutions internationales, cette impuissance est causée principalement par la priorité accordée à l’intérêt des nations, de leurs corporations, de leurs élites économiques au détriment de celui des populations, de l’ensemble de l’humanité et du bien général de la planète.


Sans bien sûr oublier l’effet délétère des pressions, chantage, corruption et mise en compétition des nations, entre elles, exercés par les multinationales et la haute finance.

Comme nous l’avons vu, l’ambition de Planet Republyk est de contribuer à l’instauration d’une cosmocratie efficace. Il existe pourtant déjà un pouvoir efficace et organisé au-dessus de celui des nations. Celui des forces internationales du capitalisme financier et des grandes corporations.

D’entrée de jeu, une anecdote : en octobre 2015, appelé à justifier les difficultés du gouvernement du Québec à atteindre ses objectifs, en agriculture, de réduire de 25 % la présence de certains produits chimiques reconnus pour leurs risques pour l'environnement et la santé, le ministre de l'Agriculture du Québec de l’époque, Pierre Paradis, répondait candidement que c’était difficile car les multinationales des intrants chimiques « sont plus puissantes que le gouvernement du Québec. »[i]


Comment une entreprise détenue par quelques centaines d'investisseurs institutionnels[ii] peut-elle dicter la conduite d’un gouvernement représentant des millions de citoyens. Et comment, en sommes-nous collectivement venus à considérer cette situation comme normale. Voire banale.



Mon pays est le monde et ma religion est de faire le bien pour garantir la paix dans le monde.

Thomas Payne



Tel qu’illustré plus tôt par l’attitude des pharmaceutiques dans le cadre de la pandémie mondiale, nous vivons aujourd’hui sous le joug d’une gouvernance mondiale: une supra-ploutocratie, c'est-à-dire un gouvernement des très très très riches. Cette forme de gouvernance est toutefois loin d’être démocratique. Elle agit non pas pour le bien de l’ensemble de la planète, mais uniquement pour servir les intérêts des organisations qu’elle représente. Opaque, elle œuvre dans les coulisses, sans comptes à rendre à qui que ce soit. Elle dicte les agendas des sommets internationaux tels Davos.

Il est plus que temps de brider cette gouvernance mondiale de l'ombre.La seule entité qui pourrait être apte à le faire serait une république mondiale munie de tous les pare-feu qu’exige une bonne démocratie. Alain Deneault, philosophe et auteur prolifique, vulgarise très bien la problématique des multinationales:


« Alors que la pratique politique moderne voudrait que les sujets d’une collectivité obéissent aux lois, non aux puissants, on assiste à un renver­sement pervers. Les puissants décident ensemble de la grande loi : la loi du marché, la loi de la mondialisation qui encadre les législateurs nationaux quand vient le temps pour eux de faire leurs petites lois; toujours à l’intérieur du cadre de la grande loi. Cet état de fait confirme un État du monde[iii]. »


Des 100 premières entités économiques du monde, la moitié sont des entreprises et non des pays[iv]. Les 200 multinationales dominantes et leurs milliers de filiales sur le globe comptent pour le quart de la production mondiale de biens[v]. Les 1000 plus importantes s’accaparent, quant à elles, 80 % de la production industrielle de la planète[vi].


Par l’obtention du statut juridique de « personnes morales immortelles » elles ont réussi à s’octroyer des droits. Pour éviter d’avoir à faire face à la critique des médias libres, contre-pouvoir pouvant difficilement être muselé, elles ont acquis nombre de médias du monde.

Les multinationales de l’agroalimentaire et de la malbouffe souhaitent que nous mangions mal, celles de l’industrie pharmaceutique que nous soyons malades longtemps, celles de l’industrie pétrochimique que nous ne changions pas nos modes de vie, celles du complexe militaro-industriel que nous demeurions en guerre, celles des nouvelles technologies que nous en devenions dépendants.

Elles y consacrent d’énormes sommes en lobbying, en pub, en marketing. Pas parce que leurs dirigeants sont machiavéliques, mais bien parce que c’est comme ça qu’il y a le plus de profits à faire. Elles ne pensent pas au bien de l’humanité ou de la planète. Ce n’est pas leur mandat. Une autorité au-dessus d’elles qui ait le pouvoir de les brider doit en tenir compte en revanche.


Voilà, c'est tout pour l'épisode 2.


Merci à Magalie Roland d'avoir prêté sa voix aux citations.


Le thème musical du podcast est la pièce ‘’Who would have tought’’ de l’artiste Crowander. Elle est une courtoisie libre de droit disponible ici sur Free Music Archive.


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Merci de votre écoute et au plaisir de vous retrouver pour l'épisode 3 !


[i] Thomas Gerbert, « ’’Monsanto est plus puissante que le gouvernement’’, dit le ministre de l'Agriculture. », Radio-Canada Info, 22 octobre 2015.

[ii] Luc Peillon, « Quels sont les actionnaires de Monsanto ? », Libération, 21 août 2018.

[iii] Extrait de l’entrevue accordée par Alain Deneault à Marie-Louise Arseneault à l’émission Plus on est de fous, plus on lit! à la Première chaîne de Radio-Canada, le 20 février 2018.

[iv] Alain De Benoist, Critiques théoriques, Paris, Éditions L’Âge d’homme, 2002, p.160.

[v] Jacques Brasseul, Un monde meilleur? : Pour une nouvelle approche de la mondialisation, Paris, Armand Collin Cedes, 2005, p. 21.

[vi]Ibid., p. 22.




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